Radioprotection

I-            Définition

La radioprotection a pour but de protéger l’être humain contre les dangers des rayonnements ionisants tout en lui permettant de les utiliser.

La réglementation en matière de radioprotection est un élément relatif à l’hygiène et à la sécurité des travailleurs et à la protection du public.

 

II-          Différentes forme d’exposition

-         Contamination interne : inhalation, ingestion … : médecine nucléaire.

-         Contamination externe : dépôt de produit radioactif sur la peau.

-         Irradiation globale : radiothérapie.

-         Irradiation localisée : radiologie conventionnelle.

 

III-        Protection

1-    Contre l’exposition externe

Dose absorbée : produit du temps d’exposition par le débit de dose absorbée.

 

Cette protection consiste donc à minimiser 2 paramètres :

-         Temps d’exposition,

-         Débit de dose absorbée.

Moyens :

-         Temps (- de temps = - de dose),

-         Distance (diminue avec  l’inverse du carrée de la distance),

-         Ecrans (caches plombés, tabliers plombés…).

 

a)      Minimisation du temps d’exposition

Ses mesurent relèvent du bon sens :

-         Bien planifier son intervention,

-         Simuler l’intervention,

-         Partager le temps d’exposition si possible,

-         Discussion + réflexion à l’écart des rayonnements,

-         Explication de l’examen au patient avant le début de l’injection.

 

b)      Distance avec la source

Le débit de dose est inversement proportionnel au carré de la distance (1/d²) pour une source ponctuelle.

 

c)      Les écrans

Ils dépendent de l’élément ionisant utilisé.

Ils permettent de diminuer la dose s’ils sont appropriés. L’atténuation qu’il va fournir va dépendre de la nature du matériau utiliser ainsi que de l’énergie du rayonnement.

(Épaisseur 1/10 = débit de dose absorbée d’un facteur de 10).

 

Pour se protéger des RX ou gamma, les écrans les plus utilisés sont ;

-         Le plomb ; le plexiglas,

-         Différentes épaisseurs de bétons,

-         L’eau,

-         La paraffine (dans les portes blindées des bunkers ; arrête rayonnement et moins lourd).

Une feuille de papier suffit à arrêter les rayonnements alpha, une feuille d’aluminium pour les rayonnements béta et du béton + plomb pour les rayonnements gamma.

 

 

IV-             Contamination radioactive

C’est la présence indésirable à un niveau significatif pour l’hygiène de substances radioactives à la surface ou à l’intérieur d’un milieu quelconque.

Une contamination est nécessairement le résultat d’une dissémination d’une substance radioactive. Elle peut être de type : atmosphérique (Bq.cm^ 3) ou surfacique (Bq.cm²). Elle peut être interne : inhalation, ingestion, incorporation.

Il faut utiliser des gants en vinyle car le latex est poreux à la radioactivité.

 

V-                Exposition naturelle

Solaire et interstellaire ; elle augmente avec l’altitude (2,5mSv à 3000m).

Tellurique (sol) ; variable selon la géologie (max ; Bretagne + corse : 1,6mSv).

Interne ; potassium 40 (humain = 80 Bq/kg).

 

NB : les pilotes d’avions sont autant suivis que les manipulateurs radio, car activité radioactive cosmique.

 

Quelques chiffres :

-         Dose totale s’élève à 3,5mSv/an.

-         Dose naturelle : 2mSv/an.

-         Dose artificielle : 1,5mSv/an.

 

VI-             Effets biologiques des rayonnements

Les effets des rayonnements ionisants sur l’organisme résultent d’un transfert d’énergie à la matière.

 

1-     Effets déterministes

Ils se manifestent systématiquement au-delà d’un seuil correspondant à 0,2 – 0,3 Gy.

Lors d’une exposition ; si le nombre de cellules détruites est trop important, leur remplacement par la multiplication des cellules viables est insuffisant, entrainant des lésions tissulaires, puis de l’organe correspondant et entraine ensuite des signes cliniques pouvant mener jusqu’à la mort.

 

Ils sont obligatoires ; précoces ; plus grave si la dose est importante ; différents selon l’exposition (globale ou partielle) de l’organisme.

à Fragilisation de la peau (1Gy), rougeur (3Gy), cloques (4Gy), épilation provisoire (5Gy), opacité oculaire (1-2Gy), gêne de la vision (10Gy), stérilité provisoire (0,3 Gy homme, 3Gy femme), stérilité définitive (5 Gy homme, 7Gy femme).

 

SOIT : FORTES DOSES, DELAIS D’APPARITION COURT, EFFETS A SEUILS. LA GRAVITE CROIT AVEC LA DOSE.

 

 

2-     Effets aléatoires / stochastiques

Ou effets stochastiques : résultent de lésions mal réparées des molécules d’ADN. Ils sont de deux types :

-         Cancérigènes (à très long terme),

-         Héréditaires.

Ces effets n’ont pas de seuil de dose et n’apparaissent pas chez tous les individus. Ils sont ;

-         Tardifs,

-         Sont plus fréquents quand la dose est plus importante ; mais de même gravité,

-         Non spécifiques.

Les rayonnements touchent d’abord les cellules à courte espérance de vie : plaquettes, globules rouges…

 

En radioprotection on se réfère à la relation LINEAIRE SANS SEUIL (CIPR) :

-         A toute dose correspond un effet,

-         Pas de dose seuil = risque zéro n’existe pas,

-         On retient constamment les hypothèses les plus pessimistes.

 

SOIT : FAIBLES DOSES, DELAIS D’APPARITION LONG, PAS DE SEUIL. DOSE AUGMENTE àFREQUENCE AUGMENTE mais pas la gravité.

 

3-     Effets sur l’embryon

  • Risques radio induits connus 

0 à 8 jours : loi du tout ou rien.

9 à 60 jours : malformations (si doses assez im-portantes),

Phase fœtale (60 au 110ème jour) : retard mental pos-sible.

0,1 Gy = quasi – seuil.

 

 

 

VII-           Législation en médecine nucléaire

1-     Règlementation

Pour ouvrir un service : autorisation du Ministère de la Santé de l’Environnement et du Travail, Commission des Radioéléments artificiels. Il faut des autorisations de compétence de l’utilisateur + prévoir la sécurité de l’installation.

ASN = Autorité de Sûreté Nucléaire.               ARS = Agence Régionale de Santé.

 

a)      Classement des installations

1ère : activité max reçue = 11,1GBq

2ème : de 1,11 à 11,1 GBq

3ème : moins de 1,11 GBq

4ème : inférieure à 37 MBq

 

 

b)      Installation d’un service

-         Distribution des locaux : secrétariat, salles d’attentes non injectées, salle d’administration des doses, salles d’attentes patients injectés, salles d’examens, labo chaud, salle de stockage, toilettes patients injectés, vestiaires personnels ville ; personnels travail.

-         Les arrêtes d’angles sont arrondis ; les recoins éliminés ; revêtements lisses + facilement dé contaminables ; murs lisses + lavables ; éviers dans zones de commandes manuelles.

-         Labo chaud = murs en béton + plomb ;  éviers monobloc = cuve de rétention avec ; stockage plombé ; hotte blindée ; renouvellement d’air.

  

 

VIII-        Radioprotection des patients + personnels

1-     Concept

¤  Optimisation : toutes expositions doivent être maintenues au niveau le plus bas possible compte tenu des facteurs économiques et sociaux.

¤  Justification : aucune pratique ne doit être adoptée sauf si elle produit un bénéfice net positif.

¤  Limitation : les doses équivalentes et efficaces ne doivent pas dépasser les limites fixées. (NRD = Niveaux Référence Diagnostique).

 

2-     Radioprotection du patient

Elle est assurée par le médecin réalisateur de l’acte et par le physicien médical.

-         Choix des indications,

-         Choix des radioéléments,

-         Vérification des produits,

-         Irradiation externe par les autres patients (salle d’attente),

-         Surveillance à long terme,

-         Consignation des résultats et de la dose reçue lors des examens (PDL).

Il faut optimiser les pratiques et réduire les doses aux patients ; informer les patients et leur entourage ; tri des déchets.

 

3-     Radioprotection des agents

Assurée par la personne radio compétente en radioprotection, les médecins de la santé du travail.

Le code du travail : il met en application le principe de radioprotection. Toute utilisation des rayonnements doit être justifiée ; les niveaux d’exposition doivent être maintenus aussi bas que possible ; l’exposition de chaque travailleur est limitée.

 

a)      Moyens de protection

  • Le temps : réduire au maximum le temps d’exposition à la source de rayonnement.
  • La distance : s’éloigner de la source permet de réduire le niveau d’exposition (inverse du carré de la distance),
  • Les écrans : utiliser au maximum et de manière adapté les moyens de radioprotection individuels/collectifs pour diminuer les niveaux d’exposition.
  • Les confinements des sources : éviter la dispersion de la radioactivité.

 

b)      Exposition interne et externe

Exposition : action des rayonnements ionisants sur l’organisme humain.

-         Externe : action des rayonnements ionisants émis par des sources situées à l’extérieur de l’organisme. Peu être globale ou partielle.

à Protection : limiter l’activité les sources ; réduire le durée de l’exposition des travailleurs ; travailler à distance ; utiliser des écrans adaptés ; ranger des sources dans les enceintes de stockage balisée, fermée et ventilées correctement ; évacuer les déchets.

-         Interne : action des rayonnements ionisants émis par des sources situées à l’intérieur de l’organisme. Elle peut être globale ou partielle selon le radioélément incorporé dans l’organisme se réparti de façon homogène ou se fixe sélectivement sur un organe cible.

à Protection contre la contamination : réduire au minimum la quantité de radioactivité à manipuler ; isoler les substances radioactives du milieu de travail (enceintes, hottes, ventilation, propreté) ; isoler le corps des travailleurs.

 

c)      Zonage des locaux

Classification des locaux = protection maximale aux personnels et au public.

Règlement spécifique à chaque salle :

-         Zone surveillée = 80 micro Sv / mois.

-         Zone contrôlée = 7,5 micro Sv/1h.

-         Zone contrôlée jaune = 25 micro Sv/1h.

-         Zone contrôlée orange = 2 mSv/1h.

 

Zone contrôlée : les travailleurs sont susceptibles de recevoir dans des conditions normales de travail une dose efficace dépassant 6 mSv/an (ou 45 mSv/an pour le cristallin ou 150 m Sv/an pour extrémités et peau).

Zone surveillée : les travailleurs sont susceptibles de recevoir dans les conditions normales de travail une dose efficace dépassant 1 mSv/an (ou 15 mSv/an pour cristallin ou 45 mSv/an pour extrémité et peau).

 

d)      Classification des travailleurs

  • Catégorie A = conditions habituelles : +/- inférieur à 3 dixièmes de la limite annuelle.

Limites d’exposition :

-         20mSv/an pour un organisme entier (6mSv/an pour étudiants).

-         500mSv/an pour la peau, avants bras, chevilles, pieds. (150mSv/an pour étudiants).

-         150mSv/an pour le cristallin (50mSv/an pour étudiants).

 

  • Catégorie B = conditions habituelles : +/- supérieur à 3 dixièmes de la limite annuelle.

-         6mSv/ an pour corps entier.

-         150mSv pour extrémités et peau.

-         50mSv pour cristallin.

 

Pour les femmes en âge de procréer : principe de protection «  le plus bas que possible » (ALARA) ; déclaration rapide de la grossesse ; exposition de l’enfant à naitre doit être aussi faible que possible durant la grossesse <1mSv ; postes non soumis à l’exposition interne lors de l’allaitement.

 

IX-        Grandeurs et unités

Activité (A) = en Becquerels (Bq).

Dose absorbée (D) = en Gray (Gy).

Equivalent de dose (H) = en Sievert (Sv). è C’est un facteur tissulaire.

Limite maximale d’exposition annuelle est de 1mSV / an.

 

X-          Détection des rayonnements

  • Spectromètre gamma : mesure le débit de dose et analyse le type de radioélément par lecture du spectre.
  • Contrôleur mains/pieds : affiche la contamination par un signal sonore + contrôle vêtements.
  • Dosimètres opérationnels : affichent la dose + débit de dose en temps réel et alarme dose + débit de dose. Il doit être porté sous le tablier plombé ou au plus proche de la peau si utilisation de moyens de protection.
  • Dosimètres d’extrémités.
  • Dosimètres passifs : zone en plomb = dose aux organes profonds. // zone sans écran = dose peau. // zone aluminium = dose au derme. // zone cuivre = de 0,7 à 1,5cm de profondeur.

 

XI-        Manipulateur en médecine nucléaire

1-     Missions

-         Prise en charge du patient,

-         Maintenance du matériel,

-         Règle d’hygiène + sécurité des salles d’examens,

-         Préparation des radio-pharmaceutiques,

-         Radioprotection du patient + professionnel,

-         Gestion des déchets en fonction de leur radioactivité.

 

2-     Contributions techniques

-         Réglages des paramètres d’acquisition : détecteur, collimateur, réglage du spectre, positionnement du patient + choix des incidences, durées des acquisitions.

-         Contrôle du déroulement de l’examen : immobilité du patient, sécurité du patient, qualité des images, recherche d’artéfacts, traitement de l’image, présentation du dossier au médecin, archivage des images.

-         Contrôle qualité : uniformité des caméras, COR, contrôle journalier.

-         Radioprotection : radioprotection + gestion des déchets, hygiène + désinfection des salles.

 

3-     Contributions infirmières

-         Identité du patient vérifié ? bon de demande d’examen ? absence de contre indications (grossesse, allaitements) ?

-         Respect de l’intimité, qualité d’accueil, explication de l’examen, explication sur le rendu de l’examen

-         Injection du traceur, choix du site d’injection, traçabilité des produits, traçabilité des incidents et accidents, recommandations (boires, recueil urinaire, isolement…).

 

4-     Savoirs faire

-         Gestes d’urgence, prise en charge des patients selon leur pathologies / leur âge.

-         Aménagement des examens sur les salles durant la journée.

-         Respect du secret professionnel,

-         Respect des règles organisationnelles du service,

-         Applications des instructions aux tâches conférées,

-         Esprit d’équipe, diplomatie, discrétion et amabilité.

 

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